Le premier musée fut créé en 1947 dans la maison natale de Claude Bernard, située à Saint Julien dans le Beaujolais, à quelques kilomètres au Nord-ouest de Villefranche-sur-Saône. Cette maison était occupée jusque là par les membres de la famille Devay, descendants de la troisième génération de la sœur de Bernard, Caroline-Antoinette Cantin. Quelques meubles d’origine du vivant de Bernard étaient restés en place, et en 1957 la maison musée fut acquise par la fondation Marcel Mérieux.

En 1961 la fondation acquit également la gentilhommière adjacent à la maison natale, que Bernard avait acheté au Chevalier Lombard de Quinceux, juste 100 ans auparavant. C’est ici que fut établi le musée définitif en 1965, tandis que le manoir fut partiellement rénové sans perdre de son caractère. Des photographies de nombreux associés de Bernard étaient accrochés sur ses murs ; aussi le cottage devint une annexe importante du musée principal. Une pièce au rez de chaussée était réservée comme bureau à temps partiel pour les administrateurs du musée: Mme Jacqueline Sonolet et plus tard Madame Annick Opinel. En janvier 2004, la fondation retira sa responsabilité pour le complexe: les deux constructions, et le jardin fut acquis par la collectivité des communes Beaujolais-Vauxonnne. La direction du Musée est actuellement sous la responsabilité de l’Association des Amis du Musée Claude Bernard.

Pour accéder aux portes principales du musée on longe les vignobles qui autrefois appartenant à Lombard et plus tard devinrent la propriété de Bernard. En fait, il possédait environ six hectares de vignes, et supervisait tous les éléments de leur entretien routinier avec l’assistance de vignerons ; plus particulièrement la récolte, pour laquelle il revenait de Paris chaque année (il avait pris cette habitude dès le début de ses études de médecine à Paris). Initialement ses voyages étaient fatigants, effectuant 450 kilomètres en carrosse tiré par des chevaux; mais ce fut beaucoup plus facile dès 1854, lorsque la nouvelle ligne de chemin de fer PLM de Lyon à Marseille fut terminée.

Bernard s’empoigna aux attaques de ses vignes par l’oïdium et le phylloxéra avec le même enthousiasme qu’il appliquait aux problèmes insaisissables de la science médicale, du fait de son profond intérêt aussi bien pour la biologie végétale qu’animale. Les pressoirs et la mise en bouteille se situaient dans une aile reliée à la maison principale. Bernard admit un jour qu’il était plus passionné par son vin et ses vignobles que par la science médicale. Des documents montrés à l’intérieur du musée attestent aussi de son intérêt dans l’aspect commercial de ses vins.

L’entrée était originalement située à l’arrière de la maison donnant sur une cour, mais plus tard fut transférée à l’avant par des portes donnant sur une paire de patios. Le musée se compose de quatre pièces principales sur chacun des deux étages, tandis que l’espace du grenier a été utilisé pendant plusieurs années pour des expositions et des congrès médicaux, habituellement organisés par la Fondation Mérieux. Quelques meubles du Musée appartenaient à Bernard, et l’on retrouve de nombreux petits objets personnels exposés dans des vitrines, y compris son matériel expérimental, dont quelques uns ont été faits sur mesure selon le modèle de Bernard.

Il y a un tableau émouvant de Bernard dans sa tenue de cérémonie et de nombreuses photographies de ses collègues et associés: Chevreul (Directeur pendant de nombreuses années du Musée d’Histoire Naturelle de Paris où Claude avait ses laboratoires); Davaine (son ami, physicien et collègue qui découvrit le germe responsable de l’Anthrax); Berthelot (chimiste, ami et associé, qui partageait le point de vue de Bernard sur la fermentation; Chauveau (chercheur et directeur de l’école vétérinaire de Lyon) ; Marey (qui développa des méthodes graphiques pour enregistrer les phénomènes biologiques ; von Cyon (physiologiste russe, avec lequel Bernard entretenait une correspondance); Vulpian (un disciple de Bernard) et Dastre (un de ses derniers préparateurs, qui continua les recherches de Bernard sur le système vasomoteur, les anesthésiques et les produits de coloration des fluides du corps).

Sur les murs en se rendant au premier étage il y a une reproduction d’un tableau de Lhermitte, actuellement peinture émouvante et historique. Dans cette ‘conférence de Claude Bernard’, le Maître dissèque, regardé par un groupe d’observateurs, dont Paul Bert, Dastre, Grehant et son fidèle garçon de laboratoire, Le Sage. Le premier étage continue avec des thèmes variés, témoins de son travail sur le glycogène (la source du sucre dans le corps) et l’effet de solutions sucrées sur les fleurs, et les études de Bernard sur le curare et d’autres poisons.

Sa chambre est particulièrement bien conservée, et offre de magnifiques vues sur les jardins, les vignobles, et en hiver la vallée jusqu’au Mont blanc (par beau temps). Lorsqu’on circule autour de la gentilhommière, on peut sentir l’odeur du vin moisi provenant des fenêtres des caves vides, et arrive à la maison natale. Sur le mur de façade une plaque datant de 1935, indique que Claude Bernard est né dans ce lieu le 12 juillet 1813. Une surface rectangulaire sépare la gentilhommière de la maison natale; un grand châtaignier y domine où Claude, jeune avait l’habitude de jouer, tandis que de l’autre côté de la petite maison il y a un jardin où Bernard plus âgé y fit pousser des pervenches, des pivoines et des roses, ou les mûriers - autrefois nourriture pour les vers à soie - une continuité provisoire du travail de son père. L’intérieur de la petite maison sur deux étages n’est pas exceptionnelle, bien qu’il y ait des photos intéressantes et la chambre d‘enfant (presque intacte) de Bernard.

Le Musée (au Hameau de Chatenay, 69640 - St Julien-en-Beaujolais) est actuellement fermé et en cours d'une  restauration étendue. La date de sa réouverture sera annoncée ici.